La réputation d'un auteur est un score attribué à un auteur à partir des avis que d'autres personnes portent sur ses contenus, utilisé pour classer ces contenus dans les résultats. Le brevet US 8,150,842 B2, « Reputation of an author of online content », la décrit. Google l'a déposé le 11 décembre 2008, à partir d'une demande provisoire du 12 décembre 2007, et le brevet a été délivré le 3 avril 2012.
Que décrit le brevet US 8,150,842 ?
Le brevet US 8,150,842 décrit une plateforme de contenus qui note chaque auteur, vérifie son identité, et classe ses contenus selon ces deux éléments. Ses 4 inventeurs sont William C. Brougher, Nathan Stoll, Sepandar D. Kamvar et Michael D. Dixon. Le brevet compte 51 revendications et 19 planches de dessins.
Le résumé définit le cœur du système : pour chaque contenu, « un score de réputation est déterminé pour l'auteur », fondé « au moins en partie sur un ou plusieurs avis portés sur le contenu par des personnes autres que l'auteur ». En réponse à une requête, « le classement du contenu dans l'ensemble de résultats est déterminé au moins en partie selon le score de réputation de l'auteur ».
Les revendications vont plus loin que le résumé. Dans les 3 revendications indépendantes (1, 18 et 35), le score de réputation repose sur 2 éléments : les notes que des personnes autres que l'auteur donnent à ses contenus, et un score d'authentification, « fonction de vérifications destinées à établir que l'auteur est bien celui qu'il prétend être ». Les 51 revendications portent sur le score de réputation. Le facteur de crédibilité et les vérifications d'identité décrits plus bas viennent de la description du brevet, pas de ses revendications.
Qu'était Knol, et pourquoi ce brevet le décrit-il ?
Knol était un service de Google d'articles signés par des experts, annoncé le 13 décembre 2007, ouvert en bêta en juillet 2008 et fermé en 2012. Un « knol » (pour « une unité de connaissance ») était un article sur un sujet, écrit par un auteur identifié, noté et commenté par les lecteurs. Le brevet le décrit en détail, et ses dessins montrent un knol intitulé « Insomnia: Risk factors, diagnosis and treatment », signé Rachel Manber, présentée comme directrice du Stanford Sleep Disorders Center, avec 3 476 vues, 12 avis et 117 notes.
Le brevet explique le problème qu'il traite : « L'anonymat est facile sur internet », mais il « permet facilement à une personne au parcours douteux de se faire passer pour compétente », tout en rendant difficile « pour les personnes réellement compétentes de prouver leur identité et leurs qualifications ».
Quels facteurs construisent le score de réputation d'un auteur ?
Le résumé et les revendications dépendantes du brevet citent les facteurs qui peuvent construire ou ajuster le score de réputation :
- Les avis d'autres personnes sur les contenus de l'auteur.
- La réputation des auteurs d'avis : si les auteurs d'avis ont un score de réputation, le score de l'auteur en dépend en partie.
- La notoriété de l'auteur, que la description estime à partir des mentions de l'auteur dans un index du web ou dans des publications, de l'apparition de son nom dans les journaux de requêtes, ou du nombre de liens vers son blog.
- L'éditeur : le score augmente quand le contenu est publié par un éditeur « qui ne publie que des contenus ayant reçu un avis supérieur à un seuil prédéfini ».
- Le nombre d'autres contenus publiés par l'auteur.
- La récence des autres contenus de l'auteur.
- Les scores de réputation antérieurs de l'auteur, sur d'autres contenus.
- Le sujet : les scores antérieurs sur le même sujet comptent, et un auteur peut avoir « plusieurs scores de réputation » pour différents sujets, avec un pseudonyme différent par sujet, les pseudonymes étant liés entre eux.
- Les sous-scores : le score peut contenir « deux sous-scores ou plus », chacun pour une qualité différente du contenu.
- Le plagiat : le score « peut être réduit s'il est établi que l'auteur a inclus un contenu plagié ».
- L'authentification : dans les revendications indépendantes, un score d'authentification fait partie du score de réputation. L'identité peut aussi être vérifiée avant tout calcul de score, et le score peut augmenter avec « la durée depuis laquelle l'auteur est authentifié ».
- Les liens : « le nombre de liens vers le contenu depuis d'autres contenus ».
- Le score de la page : les revendications 17, 34 et 51 fondent le score sur « un score attribué à la page web sur laquelle le contenu de l'auteur est publié ».
Le score « peut être transféré d'un éditeur à un autre » : une réputation gagnée chez un autre éditeur peut être importée, du moins quand l'auteur est correctement authentifié.
Comment le brevet pondère-t-il les avis et l'activité ?
Le brevet pondère les avis selon la réputation des personnes qui les donnent, avec « une technique de type PAGERANK appliquée à la réputation des auteurs ». Son exemple : si Stephen King donne 5 étoiles à un autre auteur, la réputation de cet auteur « augmentera davantage que si un inconnu à la faible réputation faisait de même ». La description ajoute 5 règles :
- Les notes sont nettoyées. Les notes d'un utilisateur peuvent être normalisées s'il est trop « gentil » ou trop « sévère », et un utilisateur dont les notes s'écartent soudain de celles des autres peut être soupçonné de vouloir faire monter ou baisser un score.
- Les utilisateurs non authentifiés peuvent être exclus du classement, des commentaires et de l'édition des contenus, pour éviter les notes malhonnêtes.
- Le temps et l'activité comptent. Un utilisateur dont les contributions obtiennent en moyenne 3,0 sur des centaines de contributions et de nombreuses années « peut avoir un score de réputation nettement plus élevé » qu'un utilisateur à la même moyenne de 3,0 obtenue auprès de quelques lecteurs sur un seul article.
- Les contenus originaux pèsent plus que les contenus dérivés. Avis et commentaires rapportent aussi de la réputation, mais « la création originale peut être pondérée plus fortement ».
- Certaines qualités sont notées par sujet, d'autres pour tous les sujets. Une physicienne nucléaire peut avoir une très haute réputation sur la relativité et une très faible sur les systèmes de home cinéma, alors qu'une compétence comme la qualité rédactionnelle peut être jugée sur tous ses sujets.
À quoi d'autre sert le score de réputation ?
Le score de réputation détermine aussi ce que gagne l'auteur et la façon dont il est présenté. Dans l'un des aspects décrits par le résumé, la part des revenus publicitaires de l'auteur sur un contenu dépend au moins en partie de son score de réputation : un auteur sans note « peut recevoir une part mineure », tandis que les auteurs « ayant une note platine ou une autre note élevée peuvent recevoir la part maximale ».
La description représente la réputation par des sceaux : aucune icône pour les nouveaux auteurs, des sceaux d'argent, d'or ou de platine pour les auteurs expérimentés, et des sceaux noirs pour les auteurs mal notés. La réputation peut aussi servir à noter les pages dans les résultats de recherche « avec d'autres facteurs traditionnels comme les scores PAGERANK, les taux de clic, la proportion de bonnes notes et les scores de spam ».
Pour les nouveaux contenus, le brevet relève qu'une page vers laquelle aucun lien ne pointe encore peut avoir un score faible « même si c'est la meilleure page du monde ». Un contenu repéré comme faisant autorité sur un sujet peut être exploré plus souvent, et ses scores de recherche peuvent « dépendre davantage des notes des utilisateurs que des notes d'autres pages sous forme de liens entrants ».
Qu'est-ce que le facteur de crédibilité ?
Le facteur de crédibilité est un score fondé sur des informations sur l'auteur « vérifiées comme exactes ». Il sert lui aussi à classer les contenus, il est lié à un contenu précis, et il dépend de la pertinence du parcours de l'auteur pour le sujet. Le brevet cite ces types d'informations vérifiées :
- Un score de réputation et un score d'authentification de l'auteur.
- L'appartenance à une organisation, et des informations sur cette organisation. Une organisation qui exige une licence (pour exercer le droit ou la médecine, par exemple) pèse davantage.
- L'emploi, et sa pertinence pour le contenu.
- La formation dans un domaine, et sa pertinence. L'accréditation et le rang de l'établissement comptent aussi.
- Les autres publications pertinentes de l'auteur.
- Les citations des contenus de l'auteur dans des publications d'autres auteurs, surtout par des auteurs authentifiés ou à fort facteur de crédibilité.
- Les prix et distinctions dans un domaine.
- Les retours d'organisations sur l'auteur ou le contenu.
- Les informations de revenus liées aux contenus de l'auteur, comme les listes de meilleures ventes ou les revenus générés.
La description ajoute l'ancienneté en tant qu'auteur authentifié, la crédibilité des coauteurs, et la publication par un éditeur qui publie régulièrement des auteurs primés.
Les exemples du brevet : un dentiste peut avoir un facteur de crédibilité élevé pour un article sur les traitements de canal, « mais un facteur plus faible pour un contenu consacré aux voitures de sport américaines ». Un auteur employé comme inspecteur alimentaire gagne en crédibilité sur les pratiques d'inspection sanitaire des aliments, alors qu'un ingénieur mécanicien du secteur pétrolier et gazier reçoit « une influence neutre ou négative » sur le même sujet. Un symbole représentant le facteur de crédibilité peut être affiché à côté de l'auteur et du contenu.
Pour vérifier les informations, l'auteur peut répondre à un questionnaire et fournir une preuve, comme une copie numérisée d'un diplôme, ou une source tierce peut être contactée : organisations, établissements d'enseignement, annuaires téléphoniques, ou exploration du web à la recherche de références à l'auteur.
Comment le brevet vérifie-t-il l'identité d'un auteur ?
Le brevet vérifie l'identité en comparant les informations de l'auteur à une source tierce. Il décrit 3 vérifications principales :
- Un numéro de téléphone : confirmer auprès de l'opérateur que le nom et le numéro correspondent, et éventuellement remettre un code à l'auteur, appeler le numéro et exiger de la personne qui répond qu'elle le donne. La description cite aussi l'annuaire inversé, la comparaison avec la localisation de l'adresse IP de l'utilisateur, et l'envoi du code par SMS ou par courrier.
- Une carte bancaire : confirmer auprès d'un organisme de crédit que le nom et le numéro de carte sont associés.
- Un numéro d'identification fiscale : confirmer auprès d'un organisme de crédit ou de l'administration fiscale américaine (Internal Revenue Service).
D'autres signaux aident : des données « hors portefeuille » qu'un imposteur a peu de chances de connaître, une adresse e-mail sur le domaine d'une organisation, comme « nasa.gov » pour un utilisateur qui affirme travailler à la NASA, ou un long historique dans une communauté comme Google, eBay ou Amazon. Les auteurs en vue, comme des journalistes, peuvent être contactés directement avec un code unique, et une authentification lancée par le système peut valoir un score plus élevé qu'une authentification lancée par l'utilisateur.
Le score d'authentification peut être une somme pondérée des tentatives réussies et échouées. Comme certaines vérifications produisent des faux négatifs, un utilisateur peut gagner quelques points pour des tentatives échouées répétées avec les mêmes informations. Le score peut monter quand l'utilisateur reste longtemps en règle dans la communauté, et baisser quand d'autres utilisateurs, surtout ceux à forte réputation, mettent en doute son authenticité. Il peut être affiché sous forme de badge, de nombre d'étoiles ou de rang dans un classement.
Quel lien entre ce brevet et l'E-E-A-T ?
Le brevet précède ce vocabulaire, mais il décrit les signaux auxquels renvoient l'expérience, l'expertise, l'autorité et la fiabilité. Les consignes de Google pour ses évaluateurs de la qualité demandent de considérer qui a créé un contenu et s'il a l'expérience ou l'expertise du sujet. Le brevet montre une façon de le mesurer : les avis des pairs, des qualifications vérifiées et pertinentes pour le sujet, et les citations.
Le brevet Agent Rank vise le même objectif avec des signatures numériques et un graphe d'agents, et le brevet sur la confiance classe les pages selon les entités de confiance qui les étiquettent.
Que change la réputation des auteurs pour votre SEO ?
La réputation des auteurs signifie qu'un contenu gagne à être signé par un auteur identifié, dont l'expertise correspond au sujet et que d'autres évaluent et citent. 7 conséquences en découlent :
- Publiez sous de vrais auteurs vérifiables. Dans les revendications, le score de réputation inclut un score d'authentification, et un contenu anonyme ne donne au système aucune identité à authentifier.
- Associez les auteurs aux sujets. La crédibilité dépend de la pertinence du métier, de la formation et des publications de l'auteur pour le sujet : confiez chaque sujet à l'auteur qualifié.
- Affichez les qualifications sur la page. Emploi, formation, publications et distinctions sont les informations vérifiées du brevet : indiquez-les dans la biographie de l'auteur et dans les données structurées, sous une forme vérifiable.
- Obtenez des avis et des citations de vos pairs. Les avis de personnes réputées et les citations par d'autres auteurs font monter le score davantage que les éloges d'inconnus.
- Ne publiez jamais de contenu copié. Le plagiat réduit la réputation de l'auteur.
- Construisez la réputation sujet par sujet, dans la durée. Les scores peuvent être tenus par sujet, et l'ancienneté en tant qu'auteur authentifié comme un long historique de contributions comptent.
- Publiez là où la qualité est élevée. Le score peut monter avec l'exigence de l'éditeur et avec le score de la page qui héberge le contenu.
Un audit SEO de notre équipe vérifie ces 7 points pour chaque auteur : signature, biographie, qualifications dans les données structurées et adéquation entre le domaine de l'auteur et les sujets confiés.
Le brevet décrit ce que le système de Google peut faire. Il ne confirme pas que Google calcule aujourd'hui la réputation des auteurs de cette façon dans son classement.